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A première vue, ce making of peut sembler très long. Le film que nous avons produit à Supinfocom est en effet le fruit d'une longue démarche de réflexion, de remise en cause, de changements radicaux, d'expérimentations. En voici les principales étapes qui nous ont fait avancer peu à peu, d'un simple concept tenant en une ligne en Septembre 2005 à une animatique définitive en Février 2007. Il faut savoir qu'entre temps nous avions beaucoup de matières, il a fallu tout apprendre à chaque étape. Nous avons fait, refait, remis en cause, essuyé les remarques cinglantes du jury, proposé de nouvelles moutures. Au total, une dizaine de scénarii différents, cinq ou six versions de storyboard, quatre animatiques. Pour un seul film.
| | | | | | De la difficulté d'écrire un synopsis Synopsis Scénario A Scénario B Storyboard B
| | Scénario D Storyboard D Storyboard E Animatique E Storyboard F Animatique F Storyboard G Animatique G
| | AnimatiqueH Recherches graphiques Recherches musicales Références | | | | | | De la difficulté d'écrire un synopsis | | Je trouve qu’il est très difficile d’écrire un synopsis. Pourquoi ? Quinze jours pour trouver une idée, qui soit correcte, qui avant tout me plaise vraiment. Moi, qui peut-être apporte le jugement le plus dur, le plus intransigeant sur mes idées, mais aussi peut-être qui ai le moins de recul vis-à-vis d’elles. Je me sens dans le devoir d’écrire pour une cause, car ce droit à la parole et à l’expression qui nous est accordé comme un privilège doit être incarné d’un sens moral fort, ou doit servir à ceux qui n’ont pas cette chance. Je crois que la partie que je vis mal dans cette voie que j’ai choisie, l’infographie, et dans l’école où je suis, est ce manque de sens ou de valeurs morales apportées à nos créations. Les films produits chaque année abordent parfois quelques notions morales, mais je n’ai senti dans aucun film que j’ai vu de sens moral fort qui s’en dégageait. Peut-être que ce n’est pas le propre du court-métrage, où qu’une telle ambition est inappropriée sur une durée si réduite. Je n’aime pas ce sentiment de déception que j’ai vis-à-vis de mes idées. Je me rappelle de la récente journée de l’expression à Paris : une femme en combinaison blanche s’approche de moi avec un feutre et me demande d’écrire quelque chose, n’importe quoi. Je ne savais pas quoi écrire. Vide total. Et en même temps je ressentais une révolte intérieure : comment ne peut-on rien avoir à dire dans le monde d’aujourd’hui à 21 ans ? Je sais que je n’ai pas rien à dire. Les gens qui n’ont rien à dire ne serviront pas à faire avancer le monde, j’ai envie de faire avancer les choses. Quelles choses ? De participer à une noble cause, qui donnerait du sens à ma vie, qu’elle qu’en soit l’échelle, la portée, si réduite soit-elle. Il faudrait néanmoins que l’impact soit un tant soit peu mesurable. Cet été, un certain nombre de personnes m’ont dit de faire un film en y incluant un élément chinois, ou de me servir de ma double culture franco-chinoise. J’ai séjourné là-bas environ sept ans et demi contre quatorze en France. Parmi ces sept, les cinq premières ont été les premières de ma vie. Y sont donc associées dans ma mémoire que des souvenirs très flous, des impressions très fugaces. Les deux dernières se sont passées à Hong Kong. Beaucoup de souvenirs sont riches en émotion, assez récents. Un peu comme si cette ville, ou la Chine, exacerbait mes sens. Peut être est-ce simplement le voyage. J’ai toujours aimé voyager. J’aimerais trouver une idée, dans ce laps de temps plutôt court qui m’est imparti, qui avant tout me plaise et plaise aux autres. Ca fait environ quatre mois que j’ai commencé à réfléchir à un synopsis, et une dizaine de jours que j’y pense de manière plus insistante. Qu’est-ce que j’aimerais que mon film procure comme sentiment ? Que les gens s’en souviennent, qu’il ne soit pas rapidement oublié comme la plupart. Qu’ils soient étonnés, choqués, transportés. Ne pas les laisser perplexes, indifférents, lassés. Jean-Julien  | | Synopsis
| | Dans une société où chacun a une minuterie dans le dos, le temps devient une obsession. Bienvenue dans un monde où les bébés naissent avec une minuterie implantée dans le dos, remontée par les médecins à la naissance et qui en tournant les fait vieillir jusqu’à la mort. Les gens, dotés de tels implants, sont obsédés par le temps. Dans les files d’attente, ils lorgnent sur le dos de ceux qui sont devant eux, voyant inexorablement au travers du mouvement des minuteries un peu de leur vie qu’ils perdent. Les femmes rêvent toutes de se faire remonter pour paraître un peu plus jeune, mais ont souvent à faire à des charlatans qui b ien vite déglinguent leurs implants et les font vieillir prématurément. D’autres passent leur temps à essayer de les bricoler, sans succès. Quand l’un d’entre eux, un peu fou, arrive à remplacer la sienne par… Un interrupteur, promesse d’une vie éternelle. Qu’un autre s’empresse d’éteindre aussitôt. Notes d’intention Le ton de l’univers se voudrait plutôt absurde, voire léger, que sérieux. On pourrait le qualifier de réaliste au niveau des échelles, des proportions, et non du style ni de l’animation, sans qu’il y ait pour l’instant d’idées très arrêtées d’un point de vue graphique. On pourrait voir à travers différentes formes de minuteries le rang social des gens. Une fois la minuterie arrivée à la fin, on entendrait un son analogue à celui d’un micro-onde quand il a fini de chauffer, un petit « ding » et la personne tomberait, cuite. Il ne s’agit pas de tenir un discours moralisateur ni démonstratif, simplement au travers d’un monde absurde amener peut-être à réfléchir sur un aspect de la condition humaine.  | |  | | Scénario A | | SEQUENCE 1 Non-lieu INT / NUIT Des tiges métalliques aux embouts étranges s’agitent sur une énorme minuterie. SEQUENCE 2 Clinique, couloirs INT / JOUR Un lit roulant défonce à toute allure les portes battantes de couloirs menant à un cabinet-bloc opératoire. Sur le lit, un homme allongé sur le ventre, pris de spasmes. Sur son dos trône une minuterie à moitié déglinguée, quasiment en fin de parcours, émettant un cliquetis irrégulier. Dans les mains du mourrant, un outil singulier apparemment tordu. Autour du lit, des assistants s’agitent, poussent le brancard. Le médecin en chef prend le relais. Une musique trépidante se fait entendre. SEQUENCE 3 Non-lieu INT / NUIT Un homme trafique dans son dos à l’aide d’ustensiles filiformes un énorme implant en forme de minuterie. SEQUENCE 4 Clinique, cabinet-bloc opératoire INT / JOUR Une bimbo sur le retour entre dans le cabinet du médecin en chef. Malgré ses efforts de démarche, son visage ridé trahit son âge. Elle s’installe à plat ventre sur une table. Dans le reflet d’une fenêtre, le médecin jette un coup d’œil à sa propre minuterie, puis se penche sur celle de sa patiente. D’une clé il dévisse l’indicateur temporel et perce un trou pour venir l’emboîter plus bas. La minuterie, qui indiquait alors 60 ans, en indique 30. La femme se relève, perplexe. Le médecin lui adresse un sourire radieux, sur fond de musique jazz enjouée. Toujours aussi ridée mais rassurée, elle s’en va d’un pas aguicheur. SEQUENCE 5 Clinique, cabinet-bloc opératoire INT / NUIT Seul dans son cabinet, le médecin s’allonge sur la table d’opération. Il se saisit d’instruments et entreprend d’un geste fébrile le démontage de sa minuterie. Bientôt en fin de parcours, elle ne lui laisse que peu de temps pour agir. Dans un cliquetis incessant, il démonte des mécanismes, tire des câbles, coupe, soude, déboîte, remplace. Exténué, il laisse tomber ses instruments et se redresse enfin sur sa table. La minuterie a laissé place à un interrupteur. Le cliquetis à un murmure sourd et répétitif, d’un rythme plus lent. SEQUENCE 6 Clinique, cabinet-bloc opératoire INT / NUIT Un vacarme se fait entendre à l’extérieur. Les portes du bloc s’entrouvrent brusquement pour laisser passer un nouveau patient. Le médecin se penche sur le lit roulant : la minuterie de la personne allongée indique sa fin et commence à grésiller. Les spasmes du patient accompagnent le cliquetis irrégulier qui retentit. Il faut agir très vite. Le médecin attrape ses instruments machinalement et commence à opérer. Mais les spasmes semblent s’accélérer, l’assistant du médecin bouge de plus en plus vite. En un éclair, le patient est mort, le médecin n’a rien pu faire. SEQUENCE 7 Clinique, cabinet-bloc opératoire INT / NUIT Le lit roulant sort avec l’assistant, le médecin lâche ses instruments, désemparé. Autour de lui le monde s’accélère : les personnes et les lits défilent, les dossiers s’accumulent, les instruments tournoient. La lumière s’allume et s’éteint, les rideaux s’abaissent et se descendent, les aiguilles de l’horloge entament une course folle furieuse, les meubles changent de place. Les gens se sont changés en flux. Le médecin s’avance dans le couloir, tend la main vers eux dans une tentative de communication, c’est tout juste si elle n’est pas emportée par le flot humain. Le vacarme des minuteries de ses semblables contraste avec le murmure intérieur et lent de son interrupteur. SEQUENCE 8 Clinique, cabinet-bloc opératoire INT / NUIT Le flux de personne décroît jusqu’à s'assoupir. Le médecin se retire : il ferme les portes du cabinet. Il éteint son interrupteur. La musique jazz revient.  | |   Illustration de Jean-Julien (haut) et Pierre (bas). Pour ce premier scénario, nous étions inspirés par Brazil pour son univers riche et décalé, la série Nip/Tuck pour le look des personnages. Musicalement, nous voulions nous rapprocher du ton de "Come fly with me", de Frank Sinatra. Ce premier scénario eut un début et une fin alternative suite à un entretien avec Robert Perz, écrivain français auteur notamment de "L'acordéon du fleuve jaune" : Le film devait s'ouvrir sur la scène illustrée ci-dessus, un médecin remontant la minuterie d'un bébé qui pousserait alors son premier cris, transposition du début de la vie. En épilogue, une dernière patiente devait se présenter devant le médecin, sa minuterie étant malencontreusement synchronisée avec la minuterie de son four, sur le point d'annoncer la cuisson à point de son rôti. Le médecin, ne pouvant rien faire lui suggérait de profiter des derniers instants de sa vie et l'accompagnait dans une danse jazzy. Il était accompagné des chorégraphies de ses assistants, le film finissait en comédie musicale. Nous avions alors mis de côté l'idée de l'interrupteur, origine du titre Switch. Nous l'avons gardé sous sa forme anglaise au final pour sa polysémie intéressante : switch, c'est le basculement, le changement, l'inversement, le déclic. Les multiples conséquences d'un choix. | | Scénario B | | Postulat initial Trois personnages, archétypes d'une société, cherchent à échapper au temps. L'histoire se déroule dans une ville suggerée de manière minimaliste. Les personnages déambulent dans la rue, au milieu des gens. Chacun à une minuterie qui bat à un rythme différent, lié à une musique différente. Cette minuterie émet un son plus ou moins présent et agressif pour symboliser le poids qu'exerce le temps sur le personnage. Plus leur minuterie accélère, plus les battements s'atténuent, symbole du fait qu'ils se libèrent du temps et de son poids. Un changement de rythme dans la minuterie des personnages traduit un changement d'état psychologique, et se répercute dans la musique. A. Un homme d'affaires essaie de s'affranchir du temps en effectuant de plus en plus d'actions simultanément, sur une musique rapide et rigide comme le rythme de sa minuterie. B. Une femme, d'abord aguicheuse, sur un rythme et une musique jazzy. Elle s'efforce ensuite de rester jeune en bloquant sa minuterie, le rythme et la musique se destructurant progressivement. C.Un punk, marginal : il ne subit pas le poids du temps, sa minuterie n'émet donc pas de battements, mais bouge telle une girouette, au gré du vent. La musique lié à sa minuterie est donc arythmique, calme et sans percussion. Scénario 1. Dans la rue EXT / FIN DE JOURNÉE Un homme d'affaires marche dans la rue, d'un pas pressé. Sa minuterie tourne sur une musique rapide et un rythme énergique. Les battements de sa minuterie émettent un son incisif et irritant. Ce son se confronte à celui de sa montre, qui bat à un tempo différent, créant une tension rythmique, traduction de son état de stress. 2. Dans la rue EXT / FIN DE JOURNÉE Un punk flâne. Sa minuterie tourne au gré du vent sur une musique calme et arythmique. L'homme d'affaires le bouscule. La minuterie de ce dernier s'accélère pendant le choc. Celui-ci continue son chemin. 3. Arrêt de bus EXT / FIN DE JOURNÉE Devant un arrêt de bus, une file de gens attendent. Certains lorgnent sur la minuterie de leur voisin, impatients. Leur minuterie émet un son régulier et insistant. Une femme aguicheuse passe devant eux sur un rythme jazzy et tapageur, les faisant se retourner un par un. Leurs minuteries sont en suspens, tandis que celle de la femme accélère. 4. Sur une place EXT / FIN DE JOURNÉE L'homme d'affaires décroche son téléphone portable tout en marchant. Sa minuterie accélère légèrement, le tic tac devient moins pesant. Toujours au téléphone, il déplie un journal et commence à le lire d'une main. Le tic tac s'amenuise, la minuterie accélère. De l'autre main, il boit un café. Il continue son chemin tout en gesticulant de plus en plus vite, ses membres se dédoublent. Sa minuterie accélère frénétiquement et frémit sous sa veste, le son de la foule disparaît peu à peu, ses pupilles se dilatent. Il est en extase, affranchi du temps. Sa minuterie a disparu, les battements se sont tus mais ses gestes deviennent incontrôlables. 5. Près de la place EXT / FIN DE JOURNÉE Des rides apparaissent sur la femme aguicheuse, qui tente de les contrôler en freinant sa minuterie, tout en continuant son chemin. Le rythme et la musique jazzy se déstructurent. Les battements deviennent plus insistants par accoups. 6. Sur la place EXT / FIN DE JOURNÉE Trop occupée sur son propre sort, elle rentre dans l'homme d'affaires. Le punk, assis sur un banc non loin de la scène, les regarde. L'homme d'affaires se bloque, parcouru de spasmes : son bras plaque son gobelet de café contre sa bouche, l'éclaboussant, son journal se déchire, son téléphone tombe. La femme lache sa minuterie : elle vieillit d'un seul coup. La musique devient très destructurée, les battements émits par les deux minuteries chaotiques. Le punk s'approche d'eux, hésitant, et fait tourner la minuterie de l'homme d'affaires pour essayer de le décoincer. Celle-ci se détraque totalement, le faisant dérailler dans la foule d'une démarche chaotique. Sa malette vole, s'ouvre, laissant échapper des dossiers sous le regard des passants interloqués. Le temps autour de lui se détraque également : les lampadaires s'allument et s'éteignent, les rues se vident et se reremplissent, les fenêtres des bâtiments s'éclairent puis s'éteignent. 7. Sur la place EXT / SOIR La femme vient s'asseoir sur le banc à côté du punk. Elle est déconcertée, la tête dans ses mains. Le temps pèse sur ses épaules : sa minuterie bat de manière destructurée en émettant un son agressif. La minuterie du punk, tournant au gré du vent, émet un son planant, dénué de rythme. Ce son apaise peu à peu la femme. Les battements de sa minuterie se calment et s'estompent. Les regards de la femme et du punk se croisent. La nuit et le temps défile autour d'eux en accéléré, un lampadaire à côté du square s'allume, la rue se fait déserte, les lumières des immeubles s'allument. Un arbre, derrière le banc, s'agite. Le matin se lève, le lampadaire et les lumières s'éteignent. Les ombres de l'arbre et du banc défilent sur le sol. Les gens ressortent peu à peu. 8. Dans la rue EXT / MATIN L'homme d'affaires repasse dans la rue, toujours détraqué, au milieu des gens. Sa minuterie, arrivée à la fin, émet un 'ding'. Représentation des personnages Les personnages seraient dérivés d'un corps universel étant le même pour tous ceux composant la foule. Chaque personnage serait ensuite différencié essentiellement par les artifices le caractérisant : costume cravate et attaché case pour l'homme d'affaires, ...  | |  Extrait de storyboard conçu à deux puis dessiné par Pierre Réaction du jury à la soumission du premier scénario : c'est une histoire qui se tient, dans le schéma classique - situation initiale, élément perturbateur...) mais qui est trop conventionelle. Peut mieux faire. Lâchons-nous, soyons moins conventionels. Début d'une longue réflexion et d'un grand nombre de scénarii dont voici les principales versions. | | Storyboard B | |  1  3  5  7  9  11  13  15  17  19  21  23  25  27  29  31 
| |  2  4  6  8  10  12  14  16  18  20  22  24  26  28  30  32 | | Scénario C | | Réflexion autour du thème d’un lieu central et unique où se tient un échantillon de société… Sorte de salle blanche dont on ne voit pas les extrémités, évoquant une rue ou une place. Les maigres décors – banc, arbre, … - sont très finement suggérés, uniquement avec quelques ombres bien placées, légèrement colorées de manière minimaliste. Dans le décor se trouveront des publicités autour de la minuterie (design, luxe, …). Les différents personnages – échantillon éclectique d’archétypes, de stéréotypes ou de sociostyles constituant la société de notre univers – se déplacent dans cet espace, pris à l’intérieur de petites saynètes les faisant éventuellement interagir avec une personne ou un élément du décor. Chacune de ces personnes a un rapport au temps particulier, tenant de son stéréotype ou de la situation dans laquelle il est plongé. Scénario 1. Les Passagers Une foule s’agglutine devant un banc. Ils attendent et certains regardent la minuterie de leur voisin qui défile. Un bus arrive – de manière très suggérée : un bloc noir qui cache la vue, les gens qui ont disparu quand il part. Un homme essaie de rattraper le bus, remonte sa minuterie – acte douloureux pour tous – le bus recule un peu, mais lui aussi du coup… 2. Le groupe de jeunes Un groupe de jeunes fait du lèche-vitrine. 3. L’homme d’affaires pressé La minuterie de l’homme d’affaires tiens un rythme soutenu et régulier, suivant le rythme de ses pas. Il passe au milieu du groupe de jeunes, les bouscule un peu. Ceux-ci s’écartent. L’un des jeunes esquisse un mouvement de breakdance (danse hip hop avec déformations du corps ou acrobaties) en se reculant. Echange de regards au ralenti. La cadence breakbeat (rythme syncopé propre au hip hop) de la minuterie du jeune homme se confronte à la minuterie régulière de l’homme d’affaires. 4. L’homme au journal Chapeau sur la tête, assis sur un banc, il lit son journal les jambes croisées. Sa minuterie est lente. Il s’arrête soudain sur un article, sa minuterie accélère, il se lève en pliant le journal et part. 5. Le vieux à la canne Un vieux marche avec peine, un pas après l’autre, s’aidant de sa canne. Sa minuterie bouge au rythme de ses pas, qui composent celui de We will rock you (Queen). 6. Le groupe de jeunes Quand le canon passe, ils sont tous les trois assis sur le banc et matent. Ils se regardent, l’un d’entre eux fait un geste de scratch de sa main et imite le son à la bouche tout en remontant sa minuterie avec ses potes, la femme revient en arrière – en tournant leur minuterie ils rembobinent la situation – la femme repasse devant eux. 7. Les joggeurs Toujours pressé, l’homme d’affaires se fait dépasser par un groupe de joggeurs (2 ou 3), synchros sur leurs minuteries. L’homme d’affaires accélère son pas, énervé de s’être fait doublé alors qu’il marchait plus vite que tout le monde auparavant. (Ils remettent cet homme à sa place). 8. La femme à la poussette Elle regarde son bébé qui bouge de manière désordonnée, sa minuterie ne s’est pas encore bien stabilisée. Il se fige, bloque. La femme le prend, le retourne et tourne un peu la minuterie dans son dos, comme pour lui faire faire un rot, le bébé repart. Elle passe devant le banc et y pose son bébé un instant. 9.Le vieux musicien de rue Il joue de son instrument, caisse ouverte devant lui, l’homme d’affaires passe devant sans laisser de pièce. Le musicien voit les jeunes en face qui font du beatbox. Leurs minuteries syncopées se synchronisent, leurs musiques se mêlent. 10. Le rendez-vous Sous un réverbère, une femme attend. Sur sa minuterie un secteur est indiqué en rouge. La minuterie avance et le franchi. On voit une autre minuterie qui tourne très vite avec le secteur rouge déjà derrière l’indicateur. Un homme arrive en trombe. La femme n’est plus là. 11. Le groupe de jeunes Ils passent devant le banc, l’un d’entre eux s’assoie décontracté les bras derrière le banc, le hiphoper monte sur le rebord en faisant du breakdance. Derrière le banc un arbre dont les feuilles bougent de manière saccadées : sautes de temps. Les nuages défilent, la lumière change les ombres au sol. Les jeunes se relèvent et partent. 12. Le skateur Il saute et slide sur le banc. Au moment du saut, la course de sa minuterie est suspendue, elle reprend quand il a fini sa figure. 13. Décor Banc, arbre évoluant au fil du temps, des saisons, passage des nuages, ombres portées sur le sol se déplaçant. 14. Le techno - addict Une vieille avance de manière speed et saccadée. En fait on voit un techno addict en rollers, t-shirt moulant cheveux métal passer en roller en gesticulant de la même manière : sa minuterie fait de la drum & bass. 15. Le livreur On voit la roue de sa mobylette tourner, on passe à sa minuterie qui tourne aussi vite. 16. Un couple Ils se promènent, les minuteries ont le tempo d’une valse, ils tourbillonnent. 17.Le noir svelte et décontracté On voit d’abord une minuterie qui bouge à un rythme jazz (contemporain, très rythmé), il traverse la scène en faisant des pas de danse : tourbillons, acrobaties avec chapeau… 18. Le saoul Il boit, regarde à travers sa bouteille et voit au fond les crans du culot, au centre un homme qui vacille. En tombant il fait office d’indicateur de temps au milieu du cadran constitué par les crans… 19. Le mort Un homme entre deux âges se fige dans cette foule. « Ding » - bruit de fin de parcours de minuterie analogue au son d’un micro-ondes. Il tombe à la renverse. 20. Le photographe Un peu à l’écart de la foule, au moment de la mort de l’homme, voit la scène image par image, au rythme des cliquetis de sa minuterie qui résonnent, comme des photos qui défilent. Figé l’appareil photo à la main l’œil dans le viseur, il attend le meilleur instant et prend sa photo, figeant la scène totalement. 21. La foule autour du mort Tous les personnages se tournent vers lui, le temps s’arrête : les minuteries s’immobilisent. 22. Les joueurs de go Au moment de la mort, les personnes se penchent sur le corps. On voit leurs minuteries comme suspendues, de dos (en plongée 45°) les minuteries s’ajustent pour apparaître parfaitement circulaires. Seules deux minuteries bougent au premier plan, alternativement. De cet angle de vue, la foule apparaît alors comme les pions d’un jeu de go. Les deux minuteries qui s’agitaient étaient celles de deux joueurs dans la rue. 23. Le gardien Le gardien assis (dans sa cabine) regarde la scène, impassible. Sa minuterie tourne lentement (au premier plan) alors que celles des gens sur qui l’attention est marquée sont plutôt agitées (en arrière-plan). 24. Les ambulanciers Ils passent devant la foule à l’instant de la mort avec une grosse clef. Ils essaient de remonter la minuterie du mort avec, qui s’anime comme sous l’effet d’électrochocs, au rythme desquels les minuteries des ambulanciers font des soubresauts. 25. Le flâneur Quoiqu’il arrive – mort d’un homme, bousculades …, rien ne perturbe sa ballade, sa minuterie bat à l’instar d’un charleston de jazz. 26. Le canon Une femme aguicheuse passe. Une mouche vient se poser sur le visage de la femme et décolle. La minuterie passe l’âge fatidique : les hanches de la femme s’élargissent, les seins tombent légèrement. Grossie, vieillie, les jeunes s’en désintéressent. 27. Le SDF Il erre dans la rue. Sa minuterie est figée (hors de la société, hors de ses règles). En fouillant dans des cartons, il fait tomber une pièce qui tourne sur le sol. Sa minuterie se met à tourner en même temps que la pièce accélère avant de se stabiliser lorsqu’elle est au sol. 28. Le canon On la revoit plus tard, vieillie, qui essaie de remonter sa minuterie pour paraître plus jeune mais celle-ci force et les rides réapparaissent lorsqu’elle la relâche. 29. Employé de bureau Assis sur le trottoir, débraillé, col ouvert cravate desserrée qui vole au vent légèrement. Minuterie qui bat lentement : il médite, déconnecté de la réalité, il a vécu quelque chose de dur. Il est à côté du musicien, sa minuterie se synchronise peu à peu tous les x temps de celle du musicien. Il le regarde. 30. L’homme au journal Il est à côté du banc attend son bus impatiemment. Sa minuterie avance rapidement et parfois de manière arythmique, trahissant son anxiété. Un balayeur passe le balai dans le caniveau devant lui. Ses mouvements sont analogues à la mer : amples, réguliers, lents, ils apaisent peu à peu la minuterie de l’angoissé. 31.Le marginal Marginal extrême type punk junkie japonais, look très destroy. Il n’a pas de minuterie. Break dans le rythme du film : plus de rythme, seulement une mélodie très bizarre avec quasiment une seule note déformée. (Il n’est pas de ce monde, il n’obéit donc pas a ses règles et en est en quelque sorte affranchi.) 32. Petite fille Elle est sur un tourniquet qui ralenti lorsque sa minuterie se met à accélérer… 33. L’homme d’affaires Il se baisse, fléchi ses genoux et ouvre ses bras, sa minuterie s’accélère : une petite fille court s’y jeter dedans, sa minuterie se met à tourner aussi vite qu’un tourniquet au vent. Le père la porte à bout de bras, tourne, leurs minuteries disparaissent.  | |  Après un stage chez Archetype:Interactive, une entreprise de communication visuelle à Hong Kong, j'ai (Jean-Julien) découvert avec passion les travaux de Joseph Müller Brockmann, qui nous ont influencés discrètement par leur simplicité, leur rigueur géométrique et intemporelle. Nous nous heurtons au deuxième jury à une grande incompréhension. Nous voulions mettre en image le sentiment d'exister par l'état d'urgence. Peut-être trop complexe pour nous, débutants, nous avons mis de côté cette piste, et avons exploité une nouvelle situation à travers beaucoup d'archétypes, pour n'en garder que les meilleures plus tard. | | Scénario D | | Un homme se réveille allongé dans une salle blanche dont on ne voit pas les bords. La lumière l’aveugle un court instant. Il se frotte les yeux et se relève. Il se penche sur les genoux puis tousse un peu. Il regarde autour de lui, cherche à savoir où il est. Il se masse la nuque. Sa main frôle une excroissance imposante sortant de son dos : une minuterie. Devant lui une table blanche, sur la table une enveloppe, et devant une porte. Il jette un regard en direction de la porte, puis ouvre l’enveloppe et déplie la lettre qu’elle contient : « Bienvenue au jeu de la vie éternelle, monsieur C... » Il retourne la lettre… Rien. En plein désarroi, il s’avance vers la porte et l’ouvre. Devant lui, s’étend à perte de vue deux lignes blanches dessinant une piste. Des starting blocks sont placés devant. Il s’avance prudemment. Tout à coup, une rumeur se fait entendre, se précise : c’est une foule qui scande son nom. Il se retourne, le son semble venir de nulle part. Il hésite entre la surprise et le sourire. La voix retentissante et enjouée d’un présentateur fait irruption : « Bienvenue au jeu de la vie éternelle. » Applaudissements. « Je vous le rappelle à tous, et à vous monsieur C…, au long de cette course, il vous faudra faire les bons choix. Et si vous franchissez la ligne d’arrivée dans les temps impartis, nous vous retirerons votre minuterie, à vous la vie éternelle ! En revanche, au moindre retard, c’est la mort qui vous attend.» La foule pousse un « ooohhh… » de déception convenue. « Attention, il ne vous reste que 20 secondes pour rejoindre la première étape, à vos marques… ». La minuterie s’enclenche sur le dos du joueur dans un son mécanique. On lit la terreur s’installer sur son visage quand il tourne la tête pour regarder par-dessus son épaule. « Prêt… » Désemparé, il s’installe sur les starting blocks, relève la tête, les bras tremblants. Des rides commencent à apparaître sur ses doigts : il vieillit légèrement. Un bang retentit. Il est lancé sur la piste. Ses pas foulent le sol de l’univers blanc. La rumeur s’est tue. Il discerne une porte au loin, accélère. Sa minuterie s’accorde au rythme de ses pas. Son cœur bat la chamade. Il a le souffle court. Au fur et à mesure que la porte se rapproche, la rumeur revient, en syncope, scandant à nouveau son nom. L’indicateur de temps restant sur la minuterie s’est nettement rapproché de la fin. Des rides sont apparues sur son visage. Il a pris une vingtaine d’années depuis le début du jeu. Il arrive devant la porte, exténué. Sa minuterie recule subitement de quelques crans avant de repartir, le rajeunissant temporairement. S’appuyant sur ses genoux, il observe la situation. A sa gauche, la porte. Devant lui, la piste qui continue. La minuterie dans son dos ne cesse de défiler, comme pour mieux lui rappeler que son temps passé à réfléchir est autant de temps perdu pour la suite. Il jette un coup d’œil et voit la deuxième porte, au loin. Il commence à s’y avancer, mais la foule le hue violemment. Stoppé dans son élan, il rebrousse chemin lentement, le silence revient. Il pose la main sur la poignée, pousse la porte, la franchit... Et se retrouve au point de départ, devant les starting blocks. Il regarde derrière lui, il n’y a qu’une porte. Il l’ouvre : c’est celle du départ, derrière n’y s’y trouve que la table qu’il avait aperçu. Le « ooohh » de déception de la foule précède un insidieux « Vous perdez du temps monsieur C… » du présentateur. Monsieur C… commence justement à paniquer. Il repart alors en catastrophe devant lui, pour atteindre la seconde porte. Il repasse devant la première sans s’arrêter, et continue droit devant lui. A mi-chemin vers la deuxième, la foule revient briser le silence qui s’était installé, à nouveau en syncope, mais ce n’est plus « monsieur C. » qu’on entend. Celui-ci ralentit, lève les yeux comme pour chercher à repérer la source de ce son provenant de nulle part. A sa droite se dresse une roue dont les secteurs sont marqués de chiffres positifs et négatifs, avec un petit indicateur placé en haut pointant sur un des secteurs. Il s’en approche peu à peu, l’excitation grandissante de la foule se fait ressentir. Les cliquetis de sa minuterie lui rappellent qu’il n’a pas le temps de réfléchir. Après une courte hésitation, il imprime une rotation à la roue. La foule se tait, seul deux cliquetis persistent : ceux de sa minuterie et celui de la roue, asynchrones. Il n’a pas le temps de voir où cette dernière s’arrête, et reprend sa course pour atteindre finalement la deuxième porte. Il a parcouru la majeure partie du chemin quand l’indicateur de la roue se stabilise enfin sur… -10. « Vas-t-il s’en sortir, vas-t-il mourir ? » place le présentateur sur un ton narquois. On entend comme des rires venant de la foule. Il vieillit d’un seul coup, prend du poids, ses cheveux se ternissent, son souffle devient légèrement rauque. Des « oooh » de surprise retentissent, se changeant en « ahhh » quand il se redresse. Sa corpulence le ralentit, et il arrive plus que péniblement à se mouvoir jusqu’à la deuxième porte, et manque de trébucher quand il l’atteint. Un nouveau « oohh » de déception se fait entendre. Enfin arrivé, sa minuterie bénéficie à nouveau d’un petit bonus de temps le rajeunissant un peu. Il parvient mieux à se redresser, son ventre diminue légèrement. A sa gauche, la deuxième porte donc. Il hésite à la franchir, même s’il est à nouveau sollicité par les clameurs du public. La dernière porte semble si loin sur la piste qui continue toujours à droite de la deuxième porte. Poussé par la foule, il franchit néanmoins la deuxième. Et se retrouve simplement derrière, hors de la piste. Rien n’a changé. Sa minuterie défile toujours, mais beaucoup moins vite, elle est revenue à la normale. « Si vous arrêtez maintenant, vous n’aurez que le temps de votre minuterie pour vivre…», réagit le présentateur. Monsieur C. fait la sourde oreille, continue de s’éloigner de la piste, du jeu, cherchant une sortie. Le présentateur lui rappelle « L’immortalité est au bout de la piste, revenez-en jeu, vous ne profiterez pas de cette vie si vous ratez cette chance unique de vivre éternellement… » La foule repart en syncope, semblant dire « Reviens, reviens, … ». Le joueur se fige. Il hésite à revenir. Il tente de voir par-dessus son épaule où en est sa minuterie. Il se retourne pour regarder la piste, mais ne s’en approche pas. Il s’entête de plus en plus dans l’autre direction. La foule lui fait comprendre en huant qu’il n’est pas bon joueur. « Si j’étais vous je n’irais pas plus loin » intervient le présentateur. Monsieur C. semble approcher d’un des bords de l’immense pièce. Quand soudain, la minuterie s’emballe. Elle se met à tourner à toute allure, il prend panique. Le présentateur : « Vous voyez ce qui arrive », sur un air ironique, suivit d’un « ooooh » de déception de la foule. Monsieur C. se rue maintenant vers la piste de jeu, seule solution pour survivre. Son corps vieillissant l’handicape. Quand il se place à nouveau entre les deux lignes noires pour courir, sa minuterie ne lui laisse que peu de temps à vivre. Il court, son ventre bedonnant, pour atteindre l’ultime récompense. La foule repart peu à peu, pour l’encourager de plus en plus, scandant son nom à nouveau. « Il est presque en ligne d’arrivée, mais aussi près de la mort, sa volonté va-t-elle lâcher ? » interroge à la manière d’un commentateur sportif le présentateur. Notre homme commence maintenant à boiter, ses jambes frêles ont peine à le supporter, il se traîne un peu. La porte de la fin est devant lui, à quelques dizaines de mètres. Mais la minuterie, qui résonne de plus en plus fort dans sa tête, assourdissant le bruit de la foule, est bientôt en fin de parcours. Il tombe sur le sol, continue en rampant vers le ruban qui barre la ligne d’arrivée. La foule s’interrompt pour reprendre de plus belle. Le présentateur à maintenant du mal à couvrir le son de cette masse de gens devenue hystérique. Monsieur C. rampe sur un bras, il a atteint un âge très avancé, des plaques sont apparues sur ses bras et ses jambes, il a perdu tous ses cheveux, et ridé à l’extrême, amaigrit, il tend la main dans un ultime effort vers l’arrivée. La minuterie bloque sur la fin en grinçant. Il casse le ruban, franchit quelques mètres supplémentaires, son corps est parcouru de spasmes. Dans un ultime geste de la main, il la tend vers ce qui semble être un des murs de la pièce blanche, s’agrippe et déchire la toile qui compose ce mur. Dans une dernière vision très floue et fugitive, apparaît derrière cette déchirure une sorte de plateau de télévision, avec derrière des gens qui s’agitent, le public en question. Le ‘ding’ fatidique se fait entendre, l’homme s’effondre sur le sol dans un son de fanfare désaccordée, musique qu’on devine liée au jeu.  | | Dans la version précédente, un problème évident apparaît : la faisabilité. Il y en a beaucoup trop, nous ne sommes que deux. Il faut simplifier, au maximum. Nous étions à une dizaine de personnages, nous avons tenté à trois. Il n'en faudrait qu'un, pour que ce soit vraiment faisable. Surtout car nous voulions faire vieillir le personnage.  Nous avons alors pensé à des films comme Cube, ou Saw. Un univers blanc, épuré. Le strict minium. Puis aussi à Requiem For a Dream, quelque part, pour le jeu télévisé malsain. Le rapport à la télé, jugé trop vulgaire par le jury, sera abandonné. Il y eut également une autre mouture consitant en une métaphore d'une course de 400m, avec des enfants au début, grandissant, apprenant, devenant adultes et mourrant, adversaires. Il devait y en avoir une dizaine qui courraient en même temps. Enfin, nous avions aussi tenté une sorte de rêve de course métaphysique, où les bords d'une unique piste noire seraient parsemés de symboles : corne d'abondance, statue grècque de femme nue, ... | | | Storyboard D | | 
























































 
| | Storyboard E | |  1  3  5  7  9  11  13  15  17  19  21  23  25  27  29  31  33  35  37  39  41  43  45  47  49  51  53  55  57  59  61  63  65  67  69  71  73  75  77  79  81  83  85  87  89  91  93  95  97  99  101  103  105  107  109  111  113  115  117  119  121  123  125  127  129  131  133  135  137  139  141  143  145  147  149  151  153  155  157  159  161  163  165

| |  2  4  6  8  10  12  14  16  18  20  22  24  26  28  30  32  34  36  38  40  42  44  46  48  50  52  54  56  58  60  62  64  66  68  70  72  74  76  78  80  82  84  86  88  90  92  94  96  98  100  102  104  106  108  110  112  114  116  118  120  122  124  126  128  130  132  134  136  138  140  142  144  146  148  150  152  154  156  158  160  162  164
| | Animatique E
| |  | | Première animatique, réalisée en juin 2006. Nous voulions que notre héros fasse les choix d'une vie de débauche, une vie folle, illustrant la part de nous qui aimerait passer à l'acte à chaque fois qu'il pense à quelque chose de fou. Nous avons pour la musique mis nos principales intentions sonores, en utlisant des morceaux existants, d'Autechre et Aphex Twin essentiellement. Nous n'avons eu que peu de retour de cette version, hormis qu'elle était peut-être trop vulgaire, très ambitieuse pour une équipe de deux, et manquait de folie malgré tout.
| | Storyboard F
| | Le début est identique au storyboard E jusqu'à la case 26  27  29  31  33  35  37  39  41  43  45  47  49  51  53  55  57  59  61  63  65  67  69  71  73  75  77  79  81  83  85  87  89  91  93  95  97  99  101 
| |  28  30  32  34  36  38  40  42  44  46  48  50  52  54  56  58  60  62  64  66  68  70  72  74  76  78  80  82  84  86  88  90  92  94  96  98  100  102 | | Animatique F
| |  | | Celle-ci, faite en Octobre 2006, illustre le chemin parcouru pendant l'été dans nos têtes, les premiers choix esthétiques et une idée plus précise de la musique : nous avons tout fait nous même, avec des synthétiseurs et des logiciels. Nous avons été très sévèrement critiqué par le jury, qui nous a donné un ultimatum : ils abandonneraient le film si nous ne changions pas tout. Grandiloquant, compliqué, difficile à comprendre. Confus dans les idées et le propos également. Et des remarques cinglantes que nous n'avions pas bien saisi, telles que : "Vous c'est le cul ! Le cul ! Le cul !" (Camille Mauduesch, professeur d'analyse filmique). "Vous n'avez qu'à faire une armée de mecs en train de bander avec leurs bites en étendard" (Marc Bigeast, directeur artistique de l'école)....
| | Storyboard G
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| | Animatique G
| |  | | Voilà notre animatique de la dernière chance. Nous avons consulté à nouveau le jury, pour meiux comprendre leurs critiques, et évoquer plus que montrer les valeurs et symboles auxquels nous faisions appel. Le jury, qui depuis nous avoir assuré que nous pouvions mieux faire au début de l'année passée, ne s'était plus jamais montré confiant. Les rencontres d'avant n'avaient été que confrontations démotivantes, critiques faites d'adjectifs et de soupirs, manque de respect lors de la projection de notre travaux. Cette fois-ci, nous avons pour la première fois leur aval. Le film est accepté tel qu'il est, malgré quelques imperfections à retoucher.
| | Animatique H
| |  | | Fin mai 2007, nous devons arrêter le travail d'animation à ce stade, étant contraint d'avancer le rendu sous peine de ne pas avoir le temps de tout terminer. Les constantes remises en cause du scénario ne nous aurons pas aidé sur la qualité finale des images, d'un point de vue technique, mais bien sur le contenu et la manière d'amener les choses. | | Recherches graphiques
| | Pour ce qui est du personnage tout d'abord, nous nous sommes d'abord penché sur des visages très marqués, d'antihéros du cinéma, dj Squalls par exemple. Nous avons ensuite fait quelques études du personnage 'My name is God', d'Andrea Giacobbe. QUelques jours plus tard, nous découvrons près de notre école des mannequins de vitrine abandonnés : c'est le déclic. Nous partons donc sur des visages de mannequins, idéalisés, froids par leur matière. Mais nous voulons lui apporter des expressions humaines et des yeux réalistes, un souffle, une vie.  Son habillage sera plutôt simple : à l'instar des tableaux de Longo, un smoking noir, des chaussures en cuir, une cravate. En aplat. Dans ces tableaux, le costume est simplifié, très angulaire. Nous faisons plusieurs tests avoir ce côté très sec dans les plis, et nous les limitons donc aux articulations principales.  Extraits de THX 1138. Concernant le décor, ou plutôt les atmosphères entourant le personnage, nous recherchons des variations très subtiles sur des fonds plutôt neutres. Légèrement irisés par endroits. Pour suggérer une sorte de pièce immense dont on ne verrait pas les limites, ni l'horizon de façon évidente. Grande surprise quand nous voyons pour la première fois chacun THX 1138, de Georges Lucas : ses fonds colorés correspondaient bien à notre vision des choses, et nous aimons la façon dont il s'affranchit d'une cohérence au plan par plan. Surtout pour les gros plans, ou le dégradé se fait verticalement, renforçant l'attention sur le personnage.  Etude couleur : le bleu-gris-vert sera une des dominantes du film. Nous pensions au début à un ciel très chargé, nuageux et dramatique. Nous avons finalement préféré lui substituer une ambiance vaporeuse, plus subtile. Pour ce qui est des lignes, nous faisons plusieurs tests à l'encre. Nous faisons finalement un compromis entre les lignes géométriques d'un plan de métro ou de lignes de train, et des lignes très organiques comme les branches d'un arbre. Il fallait également rendre le sol suffisamment présent pour que les personnages posent, tout en le laissant immatériel. On est donc parti d'une base de bitume, pour y mettre moins de relief et plus d'éclats. Après avoir regardé attentivement un recueil de photos de Moholi-Nagi, et surtout pour servir le sens du film, nous nous sommes affranchis de la logique des ombres, qui figure parmis les éléments essentiels du film.  lightboard - 2  lightboard - 4  lightboard - 6 Voici des extraits de notre lightboard, afin de mieux visualiser quelles seraient les ambiances de couleur et de lumière du film. Il ya eu certaines modifications dans le film pour rendre le tout plus cohérent. Certains plans (ici les vignettes 2 et 5) ont radicalement changé, jusqu'au cadrage parfois.  | |  Pris dans une vitrine à Paris, Février 2007. Nous faisons alors des recherches de rendu de matière.  Robert Longo, Men in the cities. Certains de ces tableaux étaient à Beaubourg lors de l'exposition le Mouvement des Images, en Septembre 2006.  Etude de Pierre sur le personnage du film. Nous n'avions pas encore décidé qu'il aurait un aspect de mannequin.  lightboard - 1  lightboard - 3  lightboard - 5  lightboard - 7
| | Recherches musicales
| | Les différentes musiques que nous avons composé au cours du développement du film, les faux-pas, les expérimentations : discovery the breathing machine samba ambiance fin 1 ambiance fin 2 al2 amb03 amb05 amb08 essai2 drums 
| | Nos collaborations infructueuses avec deux compositeurs :
- Ra, artiste français ayant déjà produit plusieurs albums, qui nous a fait cette maquette pour la première animatique,
- Soren, musicien Suédois qui avait déjà collaboré avec d'autres étudiants de l'école, avait commencé avec cette maquette.
| | Références
| | Articles (cliquez dessus pour les consulter maintenant) - Le culte de l'urgence, extrait de "La société malade du temps", de Nicole Aubert, chez Flammarion - Le temps ne s'arrête pas, Peter Lynds - Extrait de "S’orienter dans un monde incertain", de D. Pelletier dans Pour une approche orientante de l’école québécoise : concepts et pratiques à l’usage des intervenants, chez Septembre éditeur - Expressions liées au temps, extraits du site http://perso.wanadoo.fr/marxiens Livres - l'Aleph, Borgès - Problèmes d'un designer graphique, de Joseph Müller Brockmann, chez Die Gestaltën Photo - Pavement, London 1999, Andre Giaccobe Films - THX 1138, Georges Lucas Expositions Le mouvement des images, Centre Georges Pompidou, Septembre 2006, notamment les oeuvres : - Men in the Cities, de Robert Longo - Valstar Barbie, de Claude Lévêque Musique - Autriche (de l'album Incunabula), Autumn Acid (Aphex Twin remix), Autechre - Silent Hill 3 OST, Akira Yamahoka & Rika Murakana - Danny the dog OST, Massive Attack - Even spring, Crumax rins, de l'album Spokes, Plaid - Still island, Road to nowhere, de l'album Jaku, dj Krush - Come fly with me, Michael Bublé - Szerencsétlen, de l'album Rossz Csillag Alatt Szueletett, Venetian Snares - Blue Calx, de l'album Selected Ambient Works II, Aphex Twin  | |  Thx 1138 en haut et Eric, de Robert Longo en bas. 
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